Rencontrer l’autre sans se perdre
- celiavigourouxpsyc
- 12 mars
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 3 jours
Il y a quelque chose de bouleversant dans les débuts d’une rencontre. Ce moment où l’on sent que « quelque chose » se passe. Le cœur qui s’emballe, l’imagination qui s’active, les projections qui s’invitent sans prévenir.
Et soudain, nous voilà traversés par un mélange d’élan, de peur, d’espoir, de confusion… un véritable tourbillon émotionnel.
En Gestalt-thérapie, nous ne cherchons pas à « contrôler » ou à « gérer » ces émotions, ni à les faire taire. Nous cherchons à les rencontrer, les explorer en douceur, à les habiter, puis à les réguler pour rester en contact avec nous-mêmes — et donc avec l’autre — de manière la plus vivante et la plus ajustée possible.
Quand la rencontre réveille tout un monde intérieur
La rencontre amoureuse active souvent des zones très sensibles :
- le désir d’être choisi,
- la peur d’être rejeté,
- l’envie de plaire,
- la crainte de trop en faire,
- les blessures anciennes qui se réveillent,
- les scénarios que l’on connaît déjà trop bien.

Ce n’est pas un signe de faiblesse !
C’est un signe d’humanité, de sensibilité, de connexion à son interne… à une part de vulnérabilité.
En Gestalt, on considère que la rencontre met en mouvement nos polarités : le courage et la vulnérabilité, l’élan et la retenue, le besoin de lien et le besoin de sécurité.
La question n’est donc pas : « Comment être parfait ? » mais plutôt : « Comment rester en contact avec ce qui se passe en moi, pour rencontrer l’autre depuis un endroit juste et sécure ? »
Réguler ses émotions : revenir à soi avant d’aller vers l’autre
La régulation émotionnelle n’est pas un effort mental. C’est un retour au corps, un retour à l’instant présent, un retour à soi.
Quelques pistes gestaltistes simples et puissantes :
1. Sentir ce qui se passe dans le corps, être attentif à ses sensations : Où ça bouge ? Où ça se contracte ? Où ça s’ouvre ? Le corps ne ment pas. Il raconte ce que l’esprit tente parfois de cacher.
2. Nommer l’émotion sans la juger pour l'accueillir : « Je sens de l’excitation » « Je sens de la peur » « Je sens de l’envie » « Je sens de la douceur ». Nommer, c’est déjà réguler en partie.
3. Ralentir pour ne pas se précipiter : la précipitation est souvent une tentative d’éviter l’inconfort. Ralentir permet de rester en contact avec soi… et avec l’autre. De prendre le temps de se sentir sécure et de le ressentir dans ces sensations.
4. Observer ce qui m’appartient et ce que je projette : est-ce que je vois l’autre tel qu’il est ? Ou tel que j’aimerais qu’il soit ? Ou tel que j’ai peur qu’il soit ? La rencontre est un terrain fertile pour les projections, et les déceptions. Les reconnaître autant que possible, c’est s'autoriser à faire des choix responsables en conscience.
5. S’autoriser à être vrai : dire ce que l’on ressent, sans exiger, sans envahir, sans juger. Partager depuis un endroit humble et incarné ce que l'on est. La vérité et l’authenticité créent la rencontre. La façade crée la distance, voire de la méfiance.
Rencontrer l’autre, c’est d’abord se rencontrer soi
L'approche gestaltiste nous invite à vivre la rencontre comme un processus, un chemin, pas comme un objectif. Un espace où deux mondes se découvrent, se frôlent, s’ajustent, parfois se heurtent, parfois s’accordent.
La régulation émotionnelle n’est pas là pour « lisser » ce qui se passe. Elle est là pour permettre à chacun de rester présent, responsable, vivant.
Rencontrer l’autre, c’est accepter :
- de ne pas tout maîtriser,
- de se laisser toucher,
- de se laisser surprendre,
- de rester en lien avec soi tout en s’ouvrant à l’autre.
C’est un art. Un mouvement intérieur. Un ajustement permanent.
Et si la vraie rencontre commençait là ?

Non pas dans la fusion, non pas dans la peur, non pas dans l’attente que l’autre comble un manque… Mais dans cet espace où je peux dire : « Voilà ce qui se passe en moi quand je te rencontre » Et où l’autre peut répondre depuis son propre vécu.
C’est là que la magie opère.
C’est là que la relation devient un espace de croissance, d’apprentissage, et non de répétition.
Bravo pour ce travail, l'humain est un être de lien alors profitons-en pour faire que ces liens soient bénéfiques 😊, totalement alignée avec cet écrit 🙏